Universal Music : 6.2 Md€ de CA au 1er semestre, les revenus issus des abonnements payants en croissance de 14%, mais des résultats jugés insuffisants pour les investisseurs

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Universal Music poursuit sa stratégie afin de consolider sa position de leader mondial de la musique enregistrée, tout juste renforcée par l’acquisition de Downtown Music. Les résultats du premier semestre 2026, communiqués le 30 juillet, confirment la dynamique des activités de production, de services aux artistes et labels, et d’édition. Ils ont malgré tout été sanctionnés par les investisseurs, visiblement déçus, par les indicateurs de rentabilité, par la croissance globale d’UMG (+5.7% hors Downtown), ainsi que par celle des revenus issus des abonnements payants. Lors de la clôture de la bourse d’Amsterdam le 31 juillet, action d’Universal avait chuté de 25%. BTS, Olivia Rodrigo, Drake, Taylor Swift, Olivia Dean, Morgan Wallen et Noah Kahan sont parmi les artistes dont les projets ont généré les revenus les plus importants au cours des six premiers mois de l’année.

Le chiffre d’affaires d’Universal Music au premier semestre 2026 atteint 6.2 milliards d’euros, en hausse de 10.8% en euros constants par rapport à l’année précédente. Les recettes globales de l’entreprise surpassent de 313 millions d’euros celles de 2025 (+5.3%). Exclusion faite de Downtown, dont le rachat a abouti à une fusion au sein de Virgin Music Group, le chiffre d’affaires d’UMG s’établit à 5.9 milliards d’euros, en progression de 5.7% sur un an (euros constants). Le chiffre d’affaires afférent à Downtown est de 288 millions d’euros.

Les coûts associés au chiffre d’affaires atteignent 3.6 milliards d’euros, soit 58.5% des revenus d’Universal Music. Ils sont en augmentation de 281 millions d’euros sur un an, essentiellement en raison des dépenses relatives aux artistes, qui s’élèvent à 3.0 milliards d’euros sur les six premiers mois (49% du CA), et qui sont en hausse de 250 millions d’euros.

“Nous mettons en oeuvre notre plan stratégique, tout en capitalisant sur les opportunités qui se présentent avec les nouvelles technologies et l’écosystème de la musique en constant évolution. Notre combinaison unique de taille mondiale, d’expertises locales, de développement d’artistes, d’un catalogue audio et visuel, et de culture entrepreneuriale, permet à UMG de générer de la croissance sur le long terme, de la création de valeur, et des succès artistiques et business pour nos artistes et auteurs” déclare Lucian Grainge, Chairman & CEO d’Universal Music.

2.6 milliards d’euros en provenance des abonnements payants

Dans le secteur de la musique enregistrée, les activités de production et de services aux labels et artistes ont généré 4.76 milliards d’euros au cours du premier semestre (+12.7% en euros constants). La croissance a essentiellement été confortée par les revenus issus des plateformes de streaming, qui s’élèvent à 3.39 milliards d’euros (+13.2%). Et plus précisément, par les revenus en provenance des abonnements payants, qui culminent à 2.67 milliards d’euros et augmentent de 14.5%.

Les ventes au format physique (CD, vinyles) ont rapporté 651 millions d’euros à Universal Music, soit 40 M€ de plus en un an (+6.5%, +14.2% en euros constants). Sur le segment des licences, les revenus ont progressé de 64 millions d’euros, atteignant 648 millions d’euros (+16%), au point de rattraper le physique. Ultime segment relevant du secteur de la musique enregistrée, le téléchargement a chuté de 33% et est passé sous la barre des 100 millions d’euros avec 72 M€ de chiffre d’affaires.

L’édition en nette croissance, les produits dérivés en recul

Dans le secteur de l’édition, Universal Music a réalisé 1.16 milliard d’euros de chiffre d’affaires au premier semestre 2026 (+8.4%). Le digital a également boosté l’activité, en tant que première source de revenus, avec 720 M€ générés dont 30 millions d’euros de plus sur un an, et une croissance 9.4% en euros constants.

Enfin, le segment englobant le merchandising et d’autres revenus dont des activités liées aux tournées, affiche une baisse de 7.6%, avec 268 millions d’euros au premier semestre. En cause, la baisse des recettes générées par les tournées et des ventes e-commerce (direct-to-consumer) lors 2ème trimestre.

L’EBITDA ajusté progresse de 3%, l’action en bourse chute de 25%

Concernant la rentabilité des activités, l’EBITDA ajusté d’Universal Music sur les six premiers mois s’établit à 1.31 milliard d’euros, dont 1.30 milliard d’euros hors Downtown. L’indicateur affiche un recul d’1.9% en données publiées, mais une progression de 2.7% en euros constants (+1.6% hors Downtown). L’EBITDA ajusté de Downtown est de 13 millions d’euros sur la même période (4.5%). En somme, la marge d’EBITDA ajusté (21.1%) d’UMG se contracte d’1.6 point (0.8 point hors Downtown). “Notre priorité est de consolider notre position de leader sur le marché, tout en optimisant la croissance des revenus et du bénéfice, et de continuer à investir là où nous entrevoyons les meilleurs rendements” a déclaré Matt Ellis, Chief Financial Officer d’Universal Music Group, lors de la publication des résultats.

Les résultats financiers d’Universal Music ont été jugés en-deçà des attentes par les investisseurs. Le cours de l’action UMG, qui était de 19.35€ le 30 juillet avant la publication des résultats, a plongé à 16.16 euros le 31 juillet à l’ouverture de la bourse d’Amsterdam, atterrissant à 14.43 euros lors de la clôture. Au lendemain de la publication des résultats relatifs au premier semestre, l’action d’Universal Music Group a ainsi chuté de 25% par rapport à la séance précédente.

Jason Moreau, Executive Editor, MUSICBIZ

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